BRITANNICUS, en compagnie d’Yves Desgagnés — #CERCLETP

BRITANNICUS

Le  Cercle des Tigres Penseurs
s’est réuni le mardi 2 avril 2019, au Théâtre du Nouveau Monde.

Accompagnés du metteur en scène Yves Desgagnés,
les participants ont assisté au spectacle

Britannicus

Voici quelques-uns de leurs commentaires.

 

 

— AU SUJET DE LA PERTINENCE DE LA PIÈCE —

C’est joué à toute allure, c’est très moderne.
Visiblement, on a fait le choix de convaincre et non de séduire.
— Danièle B, retraitée

J’ai vu plusieurs fois cette pièce impitoyable et j’ai beaucoup aimé.
Ce jeune metteur-en-scène a vraiment beaucoup de talent.
— Robert Lalonde, comédien, auteur

 

J’ai vraiment envie de mettre de côté ce genre de théâtre là.
C’est trop chirurgical pour moi. Si les alexandrins touchent ma tête,
ils ne touchent pas du tout mon cœur.
— Mélanie B, pharmacienne

Au XVIIe siècle et même avant, chez les Grecs,
le théâtre, c’était d’abord la parole.
Aujourd’hui, il se rapproche plus du divertissement.
Ce théâtre-là nous désempare.
Racine se faisait une loi
de n’utiliser que deux cents mots à peu près dans ses pièces.
C’est pourquoi les mêmes mots reviennent souvent dans la bouche des acteurs.
Courroux, passion, devoir, fortune, etc.
— Yves Desgagnés, metteur-en-scène

 

Simplement tenter de décrypter
l’arbre généalogique des personnages est coton !
— Valérie S, ergothérapeute

 

Oui et ça va très vite ! Même qu’il me semble
que le temps entre les scènes est un peu court pour arriver à saisir
tout ce qui se passe dans cette affreuse journée.
À l’époque, chaque acte ne devait durer que 20 minutes,
le temps que duraient les chandelles éclairant le plateau.
— Yves Desgagnés, metteur-en-scène

On peut quand même faire un rapprochement
entre les luttes barbares de l’Empire romain
et celles des pouvoirs politiques d’aujourd’hui.
— Danièle B, retraitée

 

Cependant, l’inflexible hiérarchie
des familles princières de l’époque
n’existe plus vraiment dans nos soi-disant démocraties.
— Yves Desgagnés, metteur-en-scène

Aujourd’hui, ce sont plus les abus de pouvoirs,
mais les grands trusts et les compagnies sauvages.
— Danièle B, retraitée

C’est tout de même contemporain,
l’hypocrisie politique, les luttes de pouvoir.
J’ai trouvé la pièce très actuelle. Et quelle clarté, quelle netteté !
Deux heures d’alexandrins et on ne perd pas un mot, pas un enjeu, pas un geste !
— Francine F, productrice

On vit une période terrible,
comme dans la pièce, avec tous ces despotes!
— Danièle B, retraitée

Mais la lutte de deux frères pour la même femme
ne sera jamais dépassée !
— Lucie M, cuisinière

— À PROPOS DE L’INTERPRÉTATION —

Sylvie Drapeau est stupéfiante ! Quelle actrice !
Sa voix, ses intonations…
Elle est toujours formidable mais là, elle est magistrale!
— Yves Desgagnés, metteur-en-scène
(et tou·te·s les participant·e·s sont d’accord)

Le Néron de Francis Ducharme est magnifique !
— Francine F, productrice
(et tou·te·s les participant·e·s sont d’accord)

Un jeu très physique, très saisissant !
— Mélanie B, pharmacienne

 

Néron, déchiré par ses contradictions, est bouleversant.
Son apparition à la fin – on dirait une espèce de clown atteint de folie – est magnifique !
Son désir de réconciliation et sa folie de manipulation
lui donnent l’air d’un joker maléfique…
À la fin, en projection, il est décharné, presque un squelette.
C’est saisissant.
— Valérie S, ergothérapeute

 

Le texte est formidablement rendu.
Avant, on entendait les acteurs chanter les vers.
Ce soir, on entendait les intentions, pas la chanson.
— Carole R, retraitée

— À PROPOS DE LA SCÉNOGRAPHIE ET DES CONCEPTIONS —

Je suis renversé par la beauté, l’étrangeté et l’efficacité de la scénographie.
Romain Fabre ici s’est surpassé!
— Robert Lalonde, comédien, auteur
(et tou·te·s les participant·e·s sont d’accord)

 

Oui et cette épée de Damoclès au-dessus de la tête des acteurs,
quelle idée géniale !
— Mélanie B, pharmacienne

J’ai beaucoup aimé la musique.
Tout est au service de la pièce. C’est un tout réussi.
— Francine F, productrice.

 

Il me semble que les percussions introduisaient bien la cruauté de la trahison.
Et ce bourdonnement obsessif, sa constance,
était du même ordre que le rythme impitoyable du texte !
— Valérie S, ergothérapeute

Les monologues projetés sur le décor
sont d’une grande efficacité.
— Mélanie B, pharmacienne

J’ai été déstabilisée par les costumes et la musique très actuels
et je dois dire que ça m’a empêché de situer la pièce
à l’époque où elle est censée se passer.
— Lucie M, cuisinière

 

— CONCLUSION —

En tout cas, ce fut d’une telle intensité
que j’en ai pour longtemps à démêler tout ça !
J’apprécie de plus en plus, tout comme vous,
le dépouillement du théâtre par rapport à la télé.
— Yves Desgagnés, metteur-en-scène

 

Les participant·e·s au Cercle des Tigres Penseurs
ont assisté à la représentation du 2 avril 2019, au Théâtre du Nouveau Monde.

Photos : Yves Renaud.