JE DISPARAIS – En compagnie de Paul Ahmarani #CercleTP

Le mercredi 11 octobre dernier en soirée, Paul Ahmarani accueillait nos participants du Cercle des tigres penseurs au Théâtre Prospero, pour assister à la pièce Je Disparais mit en scène par la fabuleuse Catherine Vidal. La distribution forte talentueuse (Larissa Corriveau, James Hyndman, Marie-France Lambert, Marie-Claude Langlois et Macha Limonchik) et le propos percutant de la pièce n’ont laissé personne indifférent!

Voici une synthèse des commentaires et interventions de nos participants.

 Le sujet, le texte, le sens.

« Ça m’a ramené à mon rêve récurrent de réfugié. Dans ma famille, il y a cette histoire de réfugié. Toute cette question : si je pars quelles sont mes chances de survie, ou vais-je rester avec ceux que j’aime??? »

Pau Ahmarani, comédien

 

« Au début, je m’identifiais à elle [le personnage principal], dans sa maison, son jardin, son confort, ma propre routine. Je cherche pourtant toujours comment aller vers autre chose. Mais plus la pièce avançait, plus ça faisait “non” moi je ne veux pas et dès qu’elle part, je ne voulais plus m’identifier à elle. Ce fut une émotion forte d’empathie. »

Marie-Claude G, enseignante au secondaire

 

« Au début, on se dit comme elle, je suis chanceuse, je ne suis au moins pas une réfugiée. Mais quand elle évoque toutes les vies pas vécues, tous les endroits pas connus ou toutes les personnes pas rencontrées, sans raison ou pour mille raisons sans importance; ça pose la question comment apprécier la vie dans ta vie à toi. Comment on en est rendu à ne même pas aller ailleurs, sortir de sa zone de confort, hors de sa bulle? On ne risque même plus l’ennui, c’est terrible. »

Viviane DK, avocate

 

« Texte incisif, précis, écrit au scalpel avec du sang. Il y a des répliques cruelles. D’actualité. L’histoire avec un grand H et l’histoire personnelle s’y croisent. » TOUS D’ACCORD.

Pau Ahmarani, comédien

 

« À la télé, on voit des horreurs et on se dit que nous sommes chanceux. Mais c’est une illusion de se croire à l’abri. Ça peut nous arriver ici. »

Garwood J-G, courtier immobilier

 

« Tous les personnages avaient 2 choix très difficiles, partir vers l’inconnu ou rester dans un pays en bouleversement, peut-être en guerre. On se demande tout au long qui va survivre »

Lucie L, analyste d’affaires

 

« Ça m’a fait penser à La Peste de Camus, avec une maladie qui ne choisit pas ses victimes et aussi à Aleph présentement comme ville assiégée avec ceux qui restent et ceux qui partent, mais tous confrontée à des changements terribles et pas voulus. Mais dans Camus, il y a une leçon : l’important, c’est connaître et se souvenir. Ici, le passé et l’avenir disparaissent. Comme dans la société actuelle. »

Danielle M, retraitée

« Comme dans la pièce, c’est comme si l’important ce n’était que la dernière phrase. »

Michel P, enseignant

 

« Je trouve très beaux et précieux les liens d’attachement entre les personnages. Ces liens les enracinent dans un ici, maintenant. »

Garwood J-G, courtier immobilier

 

« Ça questionne la force des liens d’attachement. Souvent l’être humain qui change de situation change aussi de personnalité. De même que la perception des autres aussi change, et cela même nous on peut le vivre. Je suis devenue veuve et dès lors je suis devenue une menace pour certaines personnes en couple. »

Raymonde L, artiste peintre

 

« Le texte est à la fois oppressant et parfois ironique. Très bien écrit. La scène du don est un miroir qui frappe. Ça nous ramène à jusqu’à quel point on est impuissant?! »

Lucie L, analyste d’affaires

 

« Dans cette scène on se sent “cheap”, mais en même temps on doit vivre aussi. »

Garwood. J-G, courtier immobilier

 

« Cette pièce ne peut que nous ramener à l’actualité où l’on voit des choses semblables, des gestes du plus bas de l’humanité »

Pau Ahmarani, comédien

 

Les acteurs

«Ils sont tous excellents.» TOUS D’ACCORD.

Céline L.

 

« Marie-France Lambert est tout simplement extraordinaire. »TOUS D’ACCORD

Lucie L, analyste d’affaires

 

« J’aime voir les acteurs jouer, tout le jeu est bon. Et le réalisme fonctionne. Quand Marie-France s’adresse à nous, on se sent concerné. Ils sont tous toujours justes. »

Louise S, travailleuse culturelle

 

« Moi, j’ai aimé la proximité, j’avais vraiment l’impression que le personnage de M-F Lambert s’adressait à moi personnellement. C’est très efficace. » TOUS D’ACCORD.

Marie-Claude G, enseignante au secondaire

 

« Physiquement et moralement se mettre dans ces émotions-là chaque soir cela ne doit pas être facile »

Garwood. J-G, courtier immobilier

 

« Tout le questionnement du père, la culpabilité, le détachement, joués par James, on comprend que dans la situation se sentir coupable ça n’a pas sa place. »

 

Mise en scène, scénographie, éclairage…

« La mise en scène est vraiment efficace. On voit tout, même s’il n’y a rien. Cela fait vraiment appel à notre imaginaire »

Lucie M, cuisinière dans la réalité.

 

« Le choix d’éclairage est très bien fait. Le moment où tout est rouge, c’est terrible. »

Marie-Claude G, enseignante au secondaire

 

« La mise en scène fait en sorte qu’on est impliqué, on fait même partie de la file qui attend pour les toilettes. »

Michel P enseignant

 

« Le fait qu’il n’y a pas de mur, c’est beaucoup mieux. On fait le lieu nous même. »

Viviane DK, avocate

 

« … Ça nous aurait même gêné des murs, tout au long avec ce que ça raconte. »

Marie-Thérèse Fortin, comédienne

 

« L’éclairage délimite aussi des espaces qu’on imagine très bien »

Michel P enseignant

 

« Et l’éclairage fait par exemple que tout à coup il y a tout un mur de lumière et on est à la plage »

 

« Le noir total est aussi très efficace, sauf une seule fois où cela dure un peu trop longtemps et on décroche. »

Marie-Claude G, enseignante au secondaire

 

« La bande sonore également est très réussie »

Danielle M, retraitée