Enfant Insignifiant ! – En compagnie de Denis Bernard #CercleTP

Le 16 décembre dernier à 16h00, les participants du Cercle des Tigres Penseurs assistaient au spectacle Enfant Insignifiant! au Théâtre DUCEPPE. Accompagnés du pertinent Denis Bernard, voici les commentaires et interventions de nos participants suite à la pièce de Michel Tremblay.

 

Le sujet, le texte, le sens.

« L’influence de la mère dans cette pièce de Tremblay est abordée avec une certaine tendresse moins courante dans son œuvre en général »

Hébert, avocate

 

« Une chance qu’elle ne lui dit pas de ne pas écrire, car – et c’est l’auteur qui le dit — il n’aurait jamais écrit »

Miville, sécurité en milieu carcéral

 

« Je viens d’une famille multi générationnelle comme dans la pièce, et lorsque j’ai été accepté au Conservatoire de théâtre, ça été une onde de choc dans toute la famille. Ma grand-mère a même arrêté de me parler. Mais même s’ils bougonnent tous, finalement, ils s’intéressent à toi pour plus tard te supporter grandement. »

Denis Bernard, comédien et metteur en scène

 

« C’est clair qu’il y a nécessité pour un artiste d’avoir un ou des anges sur sa route »

Robert Lalonde, comédien et auteur

 

« Je crois aussi au besoin d’un témoin secourable »

Garwood J-G, courtier immobilier

 

« La complicité avec la mère, mais aussi la mauvaise foi sont très présentes dans cette pièce »

Denis Bernard, comédien et metteur en scène

 

« C’est le droit d’exister, le droit d’être soi que le petit Michel a toujours revendiqué. »

Garwood J-G, courtier immobilier

 

« Cela touche à une dimension profonde de l’être humain : celle d’être qui on est entièrement, totalement. »

Grégoire, chorégraphe, danseuse

 

« On ne peut pas oublier le rapport avec sa grand-mère plus intellectuelle que les autres »

Castro Lopes, cinéaste

 

« Le regard de Michel semble s’être attendri, celui sur ses personnages, plus que dans ses autres pièces. »

Robert Lalonde, comédien et auteur

 

« Effectivement, dans ses autres écrits, il vargeait et n’était pas doux avec ses personnages.

J’imagine d’ailleurs le courage que ça dû prendre d’écrire sa première pièce, car il était très jeune à ce moment-là. »

Denis Bernard, comédien et metteur en scène

 

« Est-ce qu’avec les années les choses apparaissent différemment et sont plus vraies, ou si c’était avant, pendant qu’on subissait des blessures, qu’on était en colère, qu’elles étaient plus vraies? »« Y a-t-il dans la vie une période plus réelle, plus vraie, où c’est juste parce qu’on est rendu ailleurs? »

Garwood J-G, courtier immobilier

 

« Michel m’a toujours dit qu’il n’aurait pas pu publier, si sa mère n’était pas morte. Ce que je comprends, car ça m’a presque pris 40 ans avant que j’écrive le livre sur ma mère “C’est le cœur qui meurt en dernier” .»

Robert Lalonde, comédien et auteur

 

«On rit pendant la pièce, mais il demeure qu’on sent une solitude profonde, un univers où il est difficile de se faire comprendre.»

Castro Lopes, cinéaste

 

«Mais je n’ai pas senti de tristesse dans cette solitude.»

Garwood J-G, courtier immobilier

 

«C’est certain qu’il était à part des autres s’il lisait du Jules Vernes à cette époque. Le côté agaçant des poseurs de questions est universel et intemporel.»

Brouillette, retraitée

 

«La pensée évolue au cours de la pièce. Au début, pour les personnages, il ne faut pas se poser de questions et après, on commence à s’en poser ou du moins à ne pas croire tout ce qui nous est imposé.»

Hébert, avocate

 

«L’arrangement avec sa conscience ça existe encore, les gens face à la religion s’arrangeaient en dessous. On le fait encore dans nos vies, à d’autres niveaux.»

Brouillette, retraitée

 

«Cela nous ramène à tout le conflit personnel que créait l’emprise de la religion autrefois.»

White, parajuriste-gestion du savoir

 

«Ça ressemble à l’évolution du Québec, ces 3 âges de l’enfant : 3ans, 6 ans et 13 ans.»

Denis Bernard, comédien et metteur en scène

 

«On sent le conflit entre : crois sans rien questionner et fais semblant de croire sans le dire, et puis même la mère finit par ne plus faire semblant de croire.»

White, parajuriste-gestion du savoir

 

«Ça m’a frappée le genre de questions posées par l’enfant insignifiant au sujet de la religion. Je me suis surement déjà questionnée sur ces choses moi aussi.»

M D Mertis, infirmière

 

«Toutes les contradictions entre la vie et la religion, il n’y a pas un moment où jeune, on ne se posait pas ces questions.»

Robert Lalonde, comédien et auteur

 

«J’ai bien aimé la remise en question de l’histoire de la naissance de Jésus.»

Miville, sécurité en milieu carcéral

 

«Quand la mère fait allusion au fait qu’à l’écoute de la radio elle s’imaginait tout en couleur, comme quand elle lisait un livre et à toute sa déception lorsqu’elle a retrouvé certains personnages et acteurs à la télévision en noir et blanc. Ça touche à l’importance de la qualité d’évocation des voix à la radio.»

White, parajuriste-gestion du savoir

 

«C’est encore le cas, si on écoute la radio plutôt que la télévision, ce qui est mon cas. Notre imaginaire est beaucoup plus stimulé et libre.»

Grégoire, chorégraphe, danseuse

 

«La bienveillance du père, je ne l’avais jamais vue dans les autres pièces de Tremblay.»

Hébert, avocate

 

«Je me suis demandé pourquoi le père reprend le garage – cadeau de Noël à Michel — comment on doit interpréter son geste. Signifie-t-il qu’il acceptait enfin son fils?»

Garwood J-G, courtier immobilier

 

«Pour moi le père est déçu.»

Miville, sécurité en milieu carcéral

 

«Moi, je crois qu’il est déçu, mais qu’il accepte la situation — cette petite caresse sur sa tête.»

Denis Bernard, comédien et metteur en scène

 

«Je suis portugais, et pour moi cette pièce se résumerait par saudade c’est à dire : nostalgie»«Je ne connais pas les autres pièces de Tremblay, mais j’ai été frappé par le débit de la confrontation qui existe à plusieurs niveaux : entre chacun des personnages, avec l’époque…»

Castro Lopes, cinéaste

 

Les personnages

«On voit toujours les mêmes personnages dans ses livres et ses pièces, c’est assez répétitif. Il a le droit d’écrire ce qu’il veut, mais comme lectrice ou spectatrice, des fois, c’est lassant. C’est une éternelle quête.»

Hébert, avocate

 

«Il y a un phénomène qui semble incontournable : on a encore besoin d’être approuvé par la famille. On voudrait qu’ils comprennent. À l’âge où j’arrive maintenant, j’ai compris que cela ne sert à rien de comprendre.»

Robert Lalonde, comédien et auteur

 

« Parmi les 12 personnages les plus importants de Tremblay, il y a au moins 4 qui habitaient ensemble et il n’y a jamais 3 personnes dans la pièce qui se retrouvent ensemble. Il n’y a aucune proximité entre eux. À peine 2 fois ils se touchent.»

Castro Lopes, cinéaste

 

«C’est une gang de tout seuls ensembles.»

Robert Lalonde, comédien et auteur

 

Le jeu et la direction des acteurs

«Les comédiens sont bien solides. Henri Chassé n’a pas infantilisé l’enfant. Il faut savoir que Henri est un poète dans la vie. Il reste avec ce regard. Il est parfait. Évidemment, Guylaine, c’est un rôle taillé pour elle. Elle est toujours aussi fantastique. La direction d’acteur de Michel Poirier est très bonne.»

Denis Bernard, comédien et metteur en scène

 

«Henri Chassé interprète très bien un enfant. Il ne surjoue pas et cela m’a beaucoup plu.

Hébert, avocate

 

«J’ai cru vraiment à l’enfant, sans stéréotype.»

Garwood J-G, courtier immobilier

 

«Moi, j’étais dérangé par l’axe des regards de Michel. La mère par exemple ou la religieuse sont sur le même plan. Il aurait fallu un plateau avec des niveaux.»

Castro Lopes, cinéaste

 

«J’ai trouvé la religieuse moins crédible. Je ne suis pas certaine qu’elle va évoquer auprès du professeur sa trop grande sévérité .»

White, parajuriste-gestion du savoir

 

«Elle n’est pas assez méchante, pour être vraie. Surtout pour l’époque.»

Miville, sécurité en milieu carcéral

 

Le décor, la lumière…

« Si on ne sait pas que Michel Tremblay vit à Key West, on se demande pourquoi ce décor — là.»

Hébert, avocate

 

«Pour moi, la mer, en image de fond, c’est la naissance de la vie.»

Brouillette, retraitée

 

«Cela permet d’ouvrir l’horizon et de souligner la présence des autres personnages sur le quai. C’est une habile mise en scène.»

White, parajuriste-gestion du savoir

 

«Comme tous les personnages sont morts, les chaises sur le quai me rappellent l’infini retour des choses, où les personnages demeurent à la fois là et pas là.»

Robert Lalonde, comédien et auteur

 

« Le décor, particulièrement la mer, finalement nous distrait plus qu’il n’apporte quelque chose. Même la lumière n’est pas du tout évocatrice. Certains ont vu des pages de manuscrit dans les dunes, de chaque côté de la scène, d’autres que l’effet carton. C’est pas intéressant. » Presque tous d’accord.

Castro Lopes, cinéaste