Des souris et des hommes en compagnie d’Anne-Marie Cadieux — #CERCLETP

Des souris et des hommes

Le second rendez-vous du Cercle des Tigres Penseurs de cette année
a eu lieu le mercredi 7 novembre 2018, au théâtre Duceppe.

Accompagnés de l’actrice Anne-Marie Cadieux,
les participants ont assisté au spectacle signé Vincent-Guillaume Otis
de la pièce Des souris et des hommes de Steinbeck,
dans une traduction de Jean-Philippe Lehoux.

Voici quelques-uns de leurs commentaires.

 

Sur le texte :

« Ce texte est encore d’actualité même 80 ans après son écriture.
Le désespoir des sous-prolétaires, le peu d’évolution des sociétés occidentales…
Toute la propagande autour de la réussite américaine
alors qu’ils n’ont pas vraiment la possibilité de s’y épanouir. »
— Gérard T, retraité de la fonction publique et avocat

« C’est une écriture extrêmement efficace. »
— Mélanie B, pharmacienne d’hôpital.

« La traduction et l’adaptation
en langue québécoise est excellente. »
— Danielle B, retraitée

« Je serais bien curieux de savoir combien de temps Steinbeck a pris,
à l’âge de 34 ans, pour écrire ça. »
— Harold W, avocat

« Pourquoi c’est la femme qui est tuée plutôt que Curley?
J’aurais aimé que ce soit lui, plutôt. »
— Myrline, technicienne en éducation spécialisée.

« Les deux personnages qui m’ont le plus marquée,
c’est celui de Mae parce qu’on lui met tout sur le dos,
et celui de Candy parce qu’il se sent mis au rancard. »
— Myriam D B, conférencière

 

Sur l’amour et l’amitié :

« La solidarité entre les deux hommes est remarquable.
On voit aussi comment la différence crée une peur et une méfiance de l’autre. »
— Myrline, technicienne en éducation spécialisée

« Il y a une sorte d’amour fraternel entre eux.
George traite Lennie comme son frère. »
— Mélanie B, pharmacienne d’hôpital

« La relation entre les deux personnages principaux est au cœur du texte.
Par contre, vous semblez tous ressentir de l’amour entre George et Lennie.
Moi, j’ai perçu que George est pris, coincé avec Lennie.
Il n’a pas d’amour ni de compassion. Au mieux, de la pitié. »
— Lucie L, analyste d’affaires

« C’est beau de voir comment en s’accrochant à leur but,
celui d’avoir leur propre ferme, ils réussissent à endurer la vie difficile. »
— Garwood J-G, courtier immobilier

« Je crois que George veut sauver Lennie. Même lors de la bataille,
c’est un amour filial plus fort que celui qu’on éprouve pour un ami.
Un ami l’aurait quitté depuis longtemps. »
— Catherine D, coordonnatrice organisme communautaire

« Pierre Bourgault avait une définition intéressante de l’amour. Il disait
que ce n’est pas quand cela va bien que l’on démontre de l’amour,
mais quand ça ne va pas bien. Ce n’est pas un sentiment, mais une action,
une volonté. George aime de façon imparfaite, mais il agit. »
— Gérard T, retraité de la fonction publique et avocat

« Il faut avoir du courage pour sauver les gens qu’on aime,
les sauver d’eux-mêmes. »
— Catherine D, coordonnatrice organisme communautaire

 

Sur l’espoir et les rêves :

« Chacun a son rêve et sera déçu. C’est l’analogie avec le rêve américain.
Que le personnage âgé veuille se joindre au projet de George et Lennie, moi, ça m’a touché. »
— Anne-Marie Cadieux, comédienne.

« Lennie est dans son rêve. Il est hors norme et George entretient ce rêve
parce que cela leur permet de vivre. Candy va s’y raccrocher,
mais on sent que lui n’y croit pas vraiment. »
— Gérard T, retraité de la fonction publique et avocat.

« Crooks dit d’ailleurs que tout le monde a un rêve
et que personne ne le réalisera. »
— Lucie M, gestionnaire en alimentation

 

Sur l’interprétation :
Tous trouvent Benoit McGinnis excellent
et Guillaume Cyr remarquable de vérité dans son rôle de Lennie.

« J’ai attendu le salut de la fin pour savoir si Guillaume Cyr
était vraiment comme le personnage, tellement j’y ai cru. »
— Garwood J-G, courtier immobilier

« C’est une histoire extraordinaire.
Moi qui suis père d’un autiste, je vois qu’il aurait pu être un autiste.

J’étais sur mes gardes, car je me souvenais de Jacques Godin
et d’Hubert Loiselle dont je suis resté un admirateur.
J’avais peur de comparer négativement — et en plus,
j’avais lu la critique négative du Devoir.

Mais j’ai été, comme on dit au Québec, flabbergasted par les 2 comédiens principaux,
tellement que je me rappellerai plus des autres acteurs qui les ont joués! »
— Gérard T, retraité de la fonction publique et avocat.

« Il y a aussi le vieil homme et la femme qui m’ont touchée.
La femme dans le télé-théâtre était jouée par Luce Guilbeault de façon plus sensuelle.
Ici, la mise en scène fait en sorte qu’elle n’est pas du tout une agace,
mais pourtant on la traite ainsi. »
— Lucie L, analyste d’affaires

« Curley est le personnage le plus complexe.
Il est psychologiquement perturbé
et Maxim Gaudette le réussit très bien. »
— Harold W, avocat

« Le comédien qui joue Crooks n’en fait pas plus qu’il faut.
Il dégage juste la conscience de sa condition.
J’aime bien que Steinbeck en fasse le seul qui lit et s’instruit.
Steinbeck a toujours défendu la classe ouvrière. Il sait donner de la dignité aux exclus. »
— Danielle B, retraitée

 

Sur la mise en scène :

« J’ai particulièrement aimé lorsque tout le monde reste en scène figé,
de même que lorsque Lennie leur fait face comme à des fantômes.
C’est intelligent, on change parfois de lieu juste par le mouvement des comédiens. »
— Catherine D, coordonnatrice organisme communautaire

« Il y a aussi de belles liaisons d’une scène à l’autre. »
— Danielle B, retraitée

 

Sur la scénographie :

« J’ai beaucoup aimé la scénographie de Romain Fabre, épurée,
adaptée à la tragédie contemporaine et tout de même réaliste.
Et la façon et le moment où le décor s’ouvre… ça bascule encore plus dans la tragédie.
Même l’utilisation de l’écran. C’est vraiment inspiré du texte de façon très juste. »
— Anne-Marie Cadieux, comédienne

« L’éclairage est aussi très intéressant.
Il crée une ambiance et on sent bien le jour et la nuit. »
— Mélanie B, pharmacienne d’hôpital.

« On voit tout et l’imagination est stimulée.
Comme lorsque l’esclave tire les caisses,
j’ai vu le cheval et ressenti le mal de dos de l’homme. »
— Lucie M, gestionnaire en alimentation

« Le décor est un personnage en soi et c’est très réussi. »
— Catherine D, coordonnatrice organisme communautaire

« La bande sonore est très intéressante.
Les accords de guitare tombent à point. »
— Myriam D B, conférencière